dimanche 21 février 2010

Qu'est mon néant auprès de la stupeur qui vous attend?

Texte et mise en scène d'Olivier Bordaçarre.

De là, on sort les jambes flageolantes, le souffle coupé, le cœur au bord de l'implosion. Sans voix, sans mot. Car qu'y aurait-il à rajouter? Tout nous a été raconté, tout nous a été expliqué, tout nous a été hurlé. Qu'y aurait-il a dire encore?
Elle est là, Anna, seule, la dernière peut-être, les yeux hagards et le corps ravagé, les pieds dans la poussière... elle a encore un peu de forces, Anna, pour nous raconter son histoire, la nôtre... et elle ne taira rien, elle y mettra tout ce qui lui reste de folie, à nous la montrer, à la partager... Et si elle y distille quelques métaphores, ce sera pour gueuler plus fort encore son déchirement. Jusqu'à l'écœurement.
Puis elle s'en va, Anna, avec sa petite musique, dernière relique de civilisation.

dimanche 14 février 2010

"Une belle matinée", Marguerite Yourcenar.(suite)

Rêves de théâtre

C'est une coure période de la vie de Lazare, un jeune garçon à Amsterdam, au XVIIe siècle, qui décide de se joindre à une troupe de comédiens ambulants; et qui rêve, le temps d'une nuit, à tous ces grands rôles que sa vie pourrait lui donner occasion de jouer. Nous ne savons pas grand chose de cet enfant : juste qu'il travaille pour la tenancière d'un bordel qui le protège ; que le goût du théâtre lui est venu d'une rencontre avec un ancien amant de cette femme. De la suite nous n'en saurons pas davantage. Même pas s'il part vraiment. Juste qu'il accompagne la troupe pour aller jouer, une première fois, dans le parc d'un seigneur voisin.

L'histoire tient à ce « rien »... tout l'intérêt réside dans la beauté et la sensualité de la langue. Le style qui, avec la légèreté d'une plume, effleure et ébauche un visage, un sentiment, un caractère, un souvenir. La célébration voilée, à travers leurs personnages, de quelques dramaturges immortels.

vendredi 12 février 2010

"Une belle matinée", Marguerite Yourcenar.


"Lazare pensait que, pour être aussi prévenants l'un envers l'autre, ils avaient dû se réveiller souvent, comme font ceux qui s'aiment, la tête sur le même oreiller..."
Gallimard, 1982.

jeudi 11 février 2010

"Motivité"

mercredi 10 février 2010

Mes femmes 2 : Gabrielle d'Estrées



Diablesse à la beauté ravageuse
Et au corps insatiable
Tu t'en remets à tes sens
Et veux en savourer les délices
Tu sais le parfum des tourments charnels
Et tu envoûtes le roi qui te veut féconde


Diablesse à la beauté ravageuse
Et au corps insatiable
Combien sont-elles celles qui rêvent
D'être le huitième pêché capital de ta fratrie
Combien sont-elles celles qui lorgnent ta place
Dans les draps du vainqueur
Combien sont-ils ceux qui pétris de frustrations
Jalousent secrètement le lit du roi
Combien sont-ils les bien-pensant
Qui souhaitent que ton reflet s'efface du miroir



Diablesse à la beauté ravageuse
Tandis que le mariage approche
Rats d'église et bigotes
Impuissants devant ton corps exalté
Effrayés par ta puissance voluptueuse
T'accusent d'être sorcière



Diablesse à la beauté ravageuse
On annonce ta mort lors que tu te tords encore
De douleur dans tes draps ensanglantés
Pour que nul ne puisse te sauver

lundi 8 février 2010

Lust, un roman d'Elfriede Jelineck.

Un animal se lève, il répond à l'appel et le jeune homme aussi est prêt à fouiller la dépouille de cette femme à la recherche de quelque monnaie. Enfin quelque chose d'autre, de nouveau, d'inconvenant, d'inattendu, que l'on pourra plus tard glisser dans une banale pochette-causerie cousue de fil blanc. Les camarades de la corpo ont eux depuis belle lurette capturé leurs premiers ennemis et jeté sur leurs épaules les peaux qu'une mère aimante autrefois étrillait. Enfin on va pouvoir jeter en pâture à ses propres désirs qui tirent impatients sur la laisse, quelque chose de consistant que l'on s'est soi-même taillé dans la chair de l'autre. Pour devenir grand et fort, et entrer un jour dans le ballet des gros poissons qui nagent dans l'océan des cabinets directoriaux.

dimanche 7 février 2010

Silence



Je ne suis pas fâchée.

Je n'ai simplement, pas envie d'entendre tes mots, ce que tu pourrais -comme toujours- avoir à dire. J'aimerais bien, faire avec les miens, de mots... qui ne sont même pas à moi. Mais du moins, m'en tenir à ceux que je possède, et ceux que je tente -même maladroitement- de penser. Faire sans toi.
Tu ne comprends pas, je crois, à quel point -même d'aussi loin que je croyais m'être tenue- je me suis appuyée sur toi.