mardi 26 janvier 2010

Pour qui écrit-on?



Oui, on écrit pour se faire aimer. Oui, on écrit pour séduire. Oui, on écrit pour plaire à l'autre.
« J'aimerais tant, j'aimerais tant que cela vous plaise. Vous en prendrez bien encore un peu? »
Et il a tort, Barthes, qui pense que c'est là se fourvoyer ; que l'on ne peut tomber amoureux de quelqu'un pour ce qu'il écrit... qu'on ne peut tomber amoureux de quelqu'un pour les mots qu'il a tracés...
Car voyons. Combien sommes-nous? Combien êtes-vous? Combien sont-ils? A s'être un jour consumé pour celle ou celui (connu-e ou inconnu-e), qui avait été capable d'écrire les choses si justement, qui avait su toucher la vérité d'aussi près?

dimanche 17 janvier 2010

Et pourtant; nous tolérons l'inacceptable


La psychanalyse ne concerne que ceux qui ont l'essentiel pour vivre dignement. De quoi se nourrir, de quoi dormir, de quoi vider le corps. Elle ne concerne que ceux dont la survie n'est pas menacée. Elle n'est donc, malheureusement, pas universelle. Parce que ceux dont les efforts ne peuvent se tourner que vers la survie, n'ont aucune place pour la jouissance du signifiant. Il n'est question que de besoins vitaux à assouvir.
Pourtant la psychanalyse touche à l'homme et à ce qu'il a de plus profond. Ce qui revient à dire que : tous ceux que nous laissons crever de faim, nous les privons de leur humanité, nous les réduisons à un organisme primaire. Et nions ce qu'ils sont. Des femmes et des hommes.

Le réveil des sorcières

Levez-vous Margret, Griet, Margot et autres Marguerite
Habillez-vous de haillons ou de basquines
Révoltez-vous vous êtes libres
Qu'importe qu'ils vous croient folles
Forcez la porte de leur foyer
Tenez leur la dragée haute
Rendez-leur la monnaie de leur pièce
Brisez leur crucifix
Émasculez-les ou violez-les
Transformez-les en crapauds
Ou fuyez-les

mardi 12 janvier 2010

Dans le miroir

Au lieu de me chercher des poux, arrache-moi donc les cheveux blancs que tu me fais.

dimanche 10 janvier 2010

Mes Femmes 1 : Jeanne De Castille

Fille de Castille
Tes yeux scrutent à travers le bois sombre
Le corps que l'Aragon t'a arraché
Et ne perçoivent que l'homme désiré
Le corps qui édifiait ton ivresse
Le corps sur lequel tu épanchais ta flamme
Car tes yeux savent votre union enfin retrouvée
Lui qui la nuit envahissait tes songes
Lui l'absent de ta couche
Lui ensorcelé par de sombres anges blonds
Circés qu'il te fallut châtier
Mais bientôt tu savoureras sa peau adorée
Te blottiras contre sa chair mordorée
Jusqu'à ce qu'un impudent
Reposant le couvercle
Te prive de son odeur
Tu les as oubliés ceux qui te pressent
Car comment pourrais-tu l'ensevelir
Le livrer aux succubes et aux diablesses

Jeanne la Folle, Francisco Pradilla y Ortiz, 1877

Tes yeux scrutent à travers le bois sombre
Le corps que l'Aragon t'a arraché
Mais dans le vent glacé de tes terres
Tu ne les entends pas ceux qui te préparent
Au château
L'antre d'où personne ne t'entendra plus pleurer

samedi 9 janvier 2010

Nous y voilà.

"Dora, en somme, attendait que Freud lui dise ce qu'est une femme. Il lui répond : une mère. Elle n'a dès lors plus d'autre issue que l'avortement de son analyse."
Que veut une femme?, Serge André, éditions du Seuil, 1995.

vendredi 8 janvier 2010

Portrait de famille 2

mercredi 6 janvier 2010

Portrait de famille 1



Les jolies filles de bonne famille.

Vous êtes
Boucles blondes ou mèches brunes
Sourires enjôleurs ou masque mystérieux
Princesses chastes bien formées bien nées
Filles sages qui font la fierté de leurs parents
C'est qu'il y a rang à tenir
Princesses vierges aux formes gracieuses
Charmantes et spirituelles
Prêtes à se sacrifier sur l'autel des apparences
Mais qui voulez-vous abuser
Vous ôtez si vite vos masques
Pensant déjà aux friandises secrètes de la nuit
Vous jouez les énigmatiques
Pour mieux vous faire caresser
Et même si d'une réplique acerbe
Vous affecter de répudier
L'œil déjà humide de concupiscence
Vous vous fendez de quelques mots pénétrés
Quelques phrases licencieuses
Pour mieux appâter l'animal qui guette vos culs
Vous savez vous entourer de visages qui adorent
Vos chairs fraiches et tendres
Dévoilées sous les étoffes fines
Belles ténébreuses
C'est que vous savez vous exposer
Et vous riez
Tandis que leurs yeux
Bavent sur vos poitrines faussement couvertes
Tandis que leurs doigts
Crèvent de pouvoir fouiller vos désirs humides
Tandis que leurs membres durcissant
Lorgnent vos sexes de dentelles protégés
Et vous finissez par laisser glisser les mains sur vos seins fermes
Laisser les dents grignoter vos tétins raidis
Laisser les langues goûter vos désirs
Et vous finissez par écarter vos douces cuisses laiteuses
Par vous ouvrir au membre autoritaire
Par offrir votre antre suintant à la fouille enfiévrée
Jusqu'à ce qu'enfin dans un étouffement contenu
La queue déborde et mollisse
Au petit matin
Vous sortez victorieuses de vos draps dorés
D'avoir, cette nuit encore, choisi le plus bel
De n'être pas fille facile
D'avoir dompté le mâle
Quand vous avez tout offert
Vous sortez la tête haute
Fières de votre tenue
Mais quoi donc
Sous la coquille
Sous le vernis
Si l'on égratigne vos ongles soignés
Sous vos tendres visages postiches
Car enfin ce qu'il faut
C'est bien présenter
Savoir se faire admirer
Savoir se faire aimer
Savoir se faire baiser

mardi 5 janvier 2010

Merci Lhasa...

...de nous avoir fait vibrer lorsque nous nous découvrions, merci d'avoir partagé nos premières nuits, de nous avoir offert tes notes et ta voix lorsque nous nous envolions. Merci d'avoir rythmé la vie du Cocon, des nuits, des jours durant, en boucle.
Merci à Celle qui m'a fait te découvrir.

dimanche 3 janvier 2010

Moravia, Le Mépris.

« Pour la première fois je me demandais si je me connaissais et me jugeais tel que j'étais, sans fausse complaisance envers moi même. »
« On dit que c'est l'automatisme qui nous permet de vivre sans trop de fatigue en nous rendant inconscients de la plupart de nos mouvements. Un seul pas demande la mise en action d'une quantité de muscles et cependant, en vertu de l'automatisme, nous le faisons sans nous en rendre compte. Il en va de même dans nos rapports avec autrui. »


Mais enfin, suis-je capable d'aimer...?