Press de Pierre Rigal.
Au départ déjà, il a peu de place, enfermé dans cette pièce exiguë.
Au départ déjà, ses gestes sont trop ordonnés, trop lents, trop réglés.
Au départ déjà cet homme, dans son costume impeccable, vit dans le système. Il fait ce qu'on attend de lui, avec assurance. L'œil inexpressif. Chacun de ces gestes s'accompagne d'un bruit métallique inquiétant. Il est une pièce de la machine, juste cela.
Très vite on comprend qu'il ne contrôle rien, son corps est projeté contre les parois de la boîte, il se cogne, se redresse dans un fracas à peine soutenable. Le système fait de lui ce qu'il veut, le happe, l'aimante. Le corps de disloque, se démembre.
Il n'est plus un homme...et son univers se rétrécit encore, et il doit se battre contre ce système qui hurle, rugit, qui se referme peu à peu sur lui, qui le bouffe. Quand il cherche à se révolter, à repousser les murs, il est déjà trop tard. Le combat est violent mais vain.
mardi 18 mai 2010
Week-end de rêve...
...que nous aurions dû passer à explorer les infinies variétés de nos désirs, les infinies merveilles de nos sens, l'étendue de l'émotivité de notre chair.
Baiser quoi.
Sentir tes dents sur mes tétons,
malaxer et lécher ton cul,
saliver sur ta queue,
m'extasier du glissement de tes doigts dans mon sexe,
me dissoudre dans l'acharnement de tes doigts au bout de mes seins,
sucer avec fureur et délectation ton membre adamantin,
jouir de tes gémissements,
me consumer sous les caresses pressantes provoquant mon clitoris,
recevoir ton foutre et m'en enduire la poitrine,
m'ouvrir à ta queue indocile,
crier à chacun de tes coups de reins,
me laisser irradier par le feu de ton sexe,
exulter des derniers tressauts de ton orgasme entre mes cuisses...
Encore. Et encore.
Mais non. Pour seule distraction tes putains de litanies, ton œil bilieux, ton corps muré, et ta queue molle.
C'était bien la peine de partir en week-end pour s'offrir ces joies.
Baiser quoi.
Sentir tes dents sur mes tétons,
malaxer et lécher ton cul,
saliver sur ta queue,
m'extasier du glissement de tes doigts dans mon sexe,
me dissoudre dans l'acharnement de tes doigts au bout de mes seins,
sucer avec fureur et délectation ton membre adamantin,
jouir de tes gémissements,
me consumer sous les caresses pressantes provoquant mon clitoris,
recevoir ton foutre et m'en enduire la poitrine,
m'ouvrir à ta queue indocile,
crier à chacun de tes coups de reins,
me laisser irradier par le feu de ton sexe,
exulter des derniers tressauts de ton orgasme entre mes cuisses...
Encore. Et encore.
Mais non. Pour seule distraction tes putains de litanies, ton œil bilieux, ton corps muré, et ta queue molle.
C'était bien la peine de partir en week-end pour s'offrir ces joies.
lundi 10 mai 2010
Manca solo la domenica. De Silvana Grasso et Licia Maglietta.
Elle, est une grande sicilienne, vêtue de noir. Elle va nous raconter comment son mariage a été arrangé avec un homme petit, laid et roux; comment son mari s'est envolé en Australie; comment elle a nourri l'espoir d'être veuve; comment elle s'est inventé six maris défunts pour occuper honorablement les six jours de la semaine; comment son mari est revenu ;comment elle l'a regardé mourir; et comment elle a fini par proposer son mari défunt à une rivale qui allait s'emparer du plus jeune et du plus beau de ses maris...
Elle est fière, digne et déterminée.
Elle sera veuve ou rien.
Elle rejoue pour nous sa petite histoire, illustre son récit de descriptions crues, de comparaisons et d'images abjectes - Ah cette bave qui n'en finit pas d'emplir la bouche du mari, qui s'agglutine jusqu'à former des stalactites!
Elle est admirable, elle qui roule des yeux, tord sa bouche, minaude, vocifère, grimace, implore, se gausse.
Admirablement drôle avec sa gouaille folle.
A ses côtés un homme, roux, lui répond et l'accompagne, au son mélancolique ou tonitruant de son accordéon.
Elle est fière, digne et déterminée.
Elle sera veuve ou rien.
Elle rejoue pour nous sa petite histoire, illustre son récit de descriptions crues, de comparaisons et d'images abjectes - Ah cette bave qui n'en finit pas d'emplir la bouche du mari, qui s'agglutine jusqu'à former des stalactites!
Elle est admirable, elle qui roule des yeux, tord sa bouche, minaude, vocifère, grimace, implore, se gausse.
Admirablement drôle avec sa gouaille folle.
A ses côtés un homme, roux, lui répond et l'accompagne, au son mélancolique ou tonitruant de son accordéon.
Fresque, femmes regardant à gauche. Paco Dècina.
Ils sont sept, trois femmes et quatre hommes. Les corps se croisent, se rejoignent, s'effleurent, se heurtent, s'éloignent, se fuient, se soutiennent, se défilent, s'entrechoquent, s'épousent, s'éjectent, se tendent, se replient, s'invitent, se toisent... Les regards sont chargés d'expression. Les corps sont beaux. Le titre est beau.
Et pourtant quelque chose ne passe pas. Il y manque un véritable courant de désir, il y manque de la chair. Parce que c'est trop parfait. Parce que la qualité technique est trop visible... et de ce fait, les corps ne paraissent jamais meurtris, jamais en souffrance. La douleur est feinte et cela se voit. Ce qui nous empêche d'aller jusqu'à eux... on reste à s'extasier sur les prouesses techniques, la virtuosité, l'absolue maîtrise des corps... sans jamais toucher du doigt ce que -sans doute- ces corps avaient à nous dire.
Et pourtant quelque chose ne passe pas. Il y manque un véritable courant de désir, il y manque de la chair. Parce que c'est trop parfait. Parce que la qualité technique est trop visible... et de ce fait, les corps ne paraissent jamais meurtris, jamais en souffrance. La douleur est feinte et cela se voit. Ce qui nous empêche d'aller jusqu'à eux... on reste à s'extasier sur les prouesses techniques, la virtuosité, l'absolue maîtrise des corps... sans jamais toucher du doigt ce que -sans doute- ces corps avaient à nous dire.
dimanche 2 mai 2010
Mes femmes 3 : Cathy
Au moins j'aurai résisté
Ne jamais me donner
Ne jamais accepter d'être à eux
Ils sont laids leur sexe me répugne
Ils sentent le vin mauvais
Leur sueur rance ruisselle le long des tissus gras conglutinés à leur peau
Leurs odeurs envahissent l'air des places les plus larges
Leur bouche bave des borborygmes puants
Leurs yeux injectés de sang lancent des désirs obscènes
Je les vomis je les vomis
Jamais je ne cèderai à leur chair flasque
Jamais je ne cèderai à leur dard bandé
Écartèle moi sur la roue
Décapite moi
Du moins je suis sauve
Ne jamais me donner
Ne jamais accepter d'être à eux
Ils sont laids leur sexe me répugne
Ils sentent le vin mauvais
Leur sueur rance ruisselle le long des tissus gras conglutinés à leur peau
Leurs odeurs envahissent l'air des places les plus larges
Leur bouche bave des borborygmes puants
Leurs yeux injectés de sang lancent des désirs obscènes
Je les vomis je les vomis
Jamais je ne cèderai à leur chair flasque
Jamais je ne cèderai à leur dard bandé
Écartèle moi sur la roue
Décapite moi
Du moins je suis sauve
Sur un air de Corneille
La Fontaine de jouvence
Orages! Ô mes espoirs! Ô jeunesse et amie!
N'ai-je enfin pour tenue que cette étole impie?
Et puis-je m'alanguir sur ces lits envoutés
Et voir en un jour fleurir tant de voluptés?
Mon sein sec qu'avec honte l'amant dédaignait,
Mon sexe qui tant de fois révulsait ce niais,
Tant de fois ruinait mon pauvre corps aux abois,
Ravissent donc les queues, font le bien en moi?
Ô suaves parfums de mes printemps retrouvés!
Orages! Ô mes espoirs! Ô jeunesse et amie!
N'ai-je enfin pour tenue que cette étole impie?
Et puis-je m'alanguir sur ces lits envoutés
Et voir en un jour fleurir tant de voluptés?
Mon sein sec qu'avec honte l'amant dédaignait,
Mon sexe qui tant de fois révulsait ce niais,
Tant de fois ruinait mon pauvre corps aux abois,
Ravissent donc les queues, font le bien en moi?
Ô suaves parfums de mes printemps retrouvés!
Leçon d'anatomie
Toi qui veux comprendre,
Ouvre-moi si tu peux,
Mets-moi à nu!
Dissèque-moi,
Dépèce-moi,
Dénerve-moi,
Désosse-moi,
Démembre-moi,
Décortique-moi
Décérèbre-moi,
Et cherche.
Cherche ce qui se cache en moi,
Ce que je renferme,
Ce que je dissimule.
Gratte là où le sang t'empêche de voir,
Recherche ce qui fait battre le cœur,
Stimule les nerfs à vif,
Suis les méandres de mon cerveau,
Observe bien les zones d'ombres,
Fouille attentivement chaque recoin.
Mets-moi à nu si tu peux!
Mais ne compte pas trop y trouver un quelconque apaisement.
Ouvre-moi si tu peux,
Mets-moi à nu!
Dissèque-moi,
Dépèce-moi,
Dénerve-moi,
Désosse-moi,
Démembre-moi,
Décortique-moi
Décérèbre-moi,
Et cherche.
Cherche ce qui se cache en moi,
Ce que je renferme,
Ce que je dissimule.
Gratte là où le sang t'empêche de voir,
Recherche ce qui fait battre le cœur,
Stimule les nerfs à vif,
Suis les méandres de mon cerveau,
Observe bien les zones d'ombres,
Fouille attentivement chaque recoin.
Mets-moi à nu si tu peux!
Mais ne compte pas trop y trouver un quelconque apaisement.
samedi 1 mai 2010
Chamcha, dans "Les Versets Sataniques" de Salman Rushdie
Pour le plaisir d'une belle phrase
Je prends racine dans les femmes que j'aime.
Je prends racine dans les femmes que j'aime.
Sommeil pusillanime
Depuis des jours
J'attends, yeux mi-clos, sur le sable tiède
Qu'enfin la voile se gonfle
Mais nulle brise, nul souffle, nul alizé
Je somnole et mon corps s'alanguit
Mon esprit s'engourdit
Je ne partirai pas
Pas aujourd'hui
Et contemplerai un jour encore
Cette voile qui ne veut pas m'emmener
J'attends, yeux mi-clos, sur le sable tiède
Qu'enfin la voile se gonfle
Mais nulle brise, nul souffle, nul alizé
Je somnole et mon corps s'alanguit
Mon esprit s'engourdit
Je ne partirai pas
Pas aujourd'hui
Et contemplerai un jour encore
Cette voile qui ne veut pas m'emmener
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