Press de Pierre Rigal.
Au départ déjà, il a peu de place, enfermé dans cette pièce exiguë.
Au départ déjà, ses gestes sont trop ordonnés, trop lents, trop réglés.
Au départ déjà cet homme, dans son costume impeccable, vit dans le système. Il fait ce qu'on attend de lui, avec assurance. L'œil inexpressif. Chacun de ces gestes s'accompagne d'un bruit métallique inquiétant. Il est une pièce de la machine, juste cela.
Très vite on comprend qu'il ne contrôle rien, son corps est projeté contre les parois de la boîte, il se cogne, se redresse dans un fracas à peine soutenable. Le système fait de lui ce qu'il veut, le happe, l'aimante. Le corps de disloque, se démembre.
Il n'est plus un homme...et son univers se rétrécit encore, et il doit se battre contre ce système qui hurle, rugit, qui se referme peu à peu sur lui, qui le bouffe. Quand il cherche à se révolter, à repousser les murs, il est déjà trop tard. Le combat est violent mais vain.
mardi 18 mai 2010
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