lundi 10 mai 2010

Manca solo la domenica. De Silvana Grasso et Licia Maglietta.

Elle, est une grande sicilienne, vêtue de noir. Elle va nous raconter comment son mariage a été arrangé avec un homme petit, laid et roux; comment son mari s'est envolé en Australie; comment elle a nourri l'espoir d'être veuve; comment elle s'est inventé six maris défunts pour occuper honorablement les six jours de la semaine; comment son mari est revenu ;comment elle l'a regardé mourir; et comment elle a fini par proposer son mari défunt à une rivale qui allait s'emparer du plus jeune et du plus beau de ses maris...
Elle est fière, digne et déterminée.
Elle sera veuve ou rien.
Elle rejoue pour nous sa petite histoire, illustre son récit de descriptions crues, de comparaisons et d'images abjectes - Ah cette bave qui n'en finit pas d'emplir la bouche du mari, qui s'agglutine jusqu'à former des stalactites!
Elle est admirable, elle qui roule des yeux, tord sa bouche, minaude, vocifère, grimace, implore, se gausse.
Admirablement drôle avec sa gouaille folle.
A ses côtés un homme, roux, lui répond et l'accompagne, au son mélancolique ou tonitruant de son accordéon.

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